Patrimoine, solitude et renouveau : terroir vivant
Autrefois route de passage et d’invasions, l’Agly fut longtemps marginalisée, isolée derrière ses falaises et ses « caunes » (grottes). Pourtant, elle fut pionnière de la viticulture de montagne au XIX siècle, défendue par de grandes familles rurales catalano-occitanes. Cette solitude géographique explique la préservation de vieilles parcelles, travaillées à la main, souvent en gobelet, sur des pentes dépassant 35 %.
Depuis 1990, de nombreux vignerons néo-ruraux, mais aussi locaux, ont redonné vie au vignoble, optant pour la culture biologique ou biodynamique : selon la Chambre d’Agriculture, 58 % des surfaces de l’AOP Maury étaient déjà labellisées ou en conversion bio en 2022.
Les paysages de la vallée, ponctués de petites chapelles, de murs de pierres sèches, témoignent de cette résistance humaine et agricole. Plusieurs domaines restaurent aujourd’hui de vieux cépages, expérimentent l’agroforesterie, réhabilitent les canaux d’irrigation ancestraux (« agulles »), cruciales pour tenir face à la sécheresse croissante (source : Terra Eco, 2023).