Marketing et prescriptions : où s’arrêtent les choix du consommateur ?
Le lien entre demande et offre n’est pas à sens unique. Si le consommateur impulse des préférences, ce sont aussi les guides, prescripteurs, journalistes et sommeliers qui aiguillent les attentes. On note, dans la décennie 2010, une forte « provençalisation » des concours, où les palmarès rosés récompensaient systématiquement les profils pâles, fruités, nets — au détriment des rosés gastronomiques, plus vineux.
Des terroirs pourtant fiers de leurs rosés “de gastronomie” (Tavel, Rosé de Marsannay, ou certains vieux Roussillons de macération courte) peinent à imposer la diversité aromatique. Aux USA, le rosé doux, très aromatique et plus coloré, reste populaire ; en Russie, le rosé sucré tient encore le haut du pavé (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin, OIV).
Certains domaines se permettent alors deux gammes : une ligne “plaisir immédiat”, calibrée pour les marchés internationaux, et une cuvée de terroir, plus assumée, parfois portée par le bois, la macération ou l’amplitude gustative. C’est un compromis, parfois un crève-cœur, au nom d’une rentabilité vitale.