Programmes publics : l’État et la recherche au chevet de la diversité viticole
L’INRAE : gardien de la mémoire génétique
Depuis 1876, l’INRAE conserve à Vassal (Montpellier) la plus grande collection de vignes au monde, forte de 7 800 accessions. Ce conservatoire abrite à la fois des cépages célèbres et obscurs collectés depuis la crise phylloxérique. Leur travail se divise en plusieurs axes :
- Inventaire et identification génétique (ampélographie, ADN) : permettre un retour fiable sur les souches d’origine.
- Replantation sur micro-parcelles : tester les conditions de culture, la résistance, l’adaptabilité.
- Distribution de matériel végétal certifié auprès de pépiniéristes et domaines partenaires.
Chaque année, des dizaines de missions de sauvegarde sont menées en région, pour collecter des boutures sur de très vieilles vignes. En Roussillon, la redécouverte du cépage lledoner pelut en 2007 fut facilitée par une étude croisée INRAE-IFV, permettant sa diffusion dans de nouvelles plantations.
L’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) : pont entre science et filière
L’IFV n’est pas en reste. Ses stations expérimentales, dont celle de Rodilhan pour le Sud, collaborent avec les syndicats d’AOP et les vignerons. L’IFV mène des tests d’adaptabilité et de comportement agronomique des cépages oubliés :
- Dépistage sanitaire pour garantir l’absence de virus sur les plants réintroduits
- Expérimentation sur vinification et aptitude œnologique des cépages ressuscités
- Documentation de leur potentiel face au changement climatique (IFV)
Un exemple marquant : le programme “Vignes Avenir”, initié en 2015, accompagne la réintroduction de 30 cépages quasiment disparus à travers la France, dont plusieurs du Roussillon. Les premiers résultats sur le tourbat, cépage blanc rare, sont déjà probants pour la résilience hydrique.