Bande active, bande morte : où s’arrête l’AOP ?
La cartographie viticole française définit très clairement la “bande active” de la vigne. Le relief, le sol, puis l’exposition et l’altitude tracent la limite : souvent, au-delà, c’est la garrigue, la pinède, ou la simple friche. L’appellation Côtes du Roussillon, par exemple, exclut d’office les plateaux supérieurs à 450 m ou les pentes tournées vers le nord dans la Vallée de l’Agly.
- Critères “durs” : Altitude maximale, zones exclues par arrêté préfectoral, orientation des coteaux définie par délimitation parcellaire (cartes IGN/INAO).
- Critères “souples” : Pentes faibles tolérées, tradition d’exploitation ou non, nécessité d’aménagement en terrasse (souvent là où la machine s’arrête, l’homme aussi).
Un exemple frappant : les versants nord du Mont Canigou, malgré leurs beaux galets roulés, restent hors de l’aire des AOP Roussillon Villages, réservés au Pastoralisme ou à la forêt – inhospitaliers tant pour la maturité de la Syrah que pour les tracteurs.
La mention “hors AOP” pour les vignes au-delà de ces limites n’interdit pas de planter, mais le vin devra être commercialisé au mieux sous IGP (Indication Géographique Protégée), voire en Vin de France, où les exigences qualitatives et réglementaires sont moindres. Ce rapport entre altitude, exposition et statut administratif crée des frontières tangibles dans la campagne.