Cépages & assemblages : tradition et réinvention
L’influence du terroir ne se lit pas seulement dans le sol, elle s’entend dans la partition des cépages. Ici, aucune monoculture :
- Grenache blanc et gris – Charnu, ample, souvent premier rôle dans les deux régions. Sur schistes ou granite, il se fait plus minéral, sur argile ou galets, il devient plus fruité.
- Macabeu – Souvent l’ossature des vieux assemblages, ce cépage surprend par sa capacité à traduire la fraîcheur, surtout sur calcaire. Certains domaines le récoltent tôt pour préserver l’acidité.
- Roussanne, Marsanne, Vermentino – Plus récents, parfois sous influence nord-rhôdanienne, ils nuancent la structure, amènent complexité aromatique et gras maîtrisé. La Roussanne, en particulier, se plaît sur les sols caillouteux des Aspres.
- Carignan blanc et Muscat à petits grains – Fragments de l’histoire locale, de retour en force pour la tension et la typicité.
Le mariage de ces cépages n’est pas un hasard : il s’ajuste à la main du vigneron, mais aussi à la lecture du millésime. Les rendements moyens, selon l’INAO, oscillent entre 30 et 40 hl/ha sur ces terroirs, contre parfois plus de 50 ailleurs dans les appellations voisines (INAO).
Assemblages types suivant les terroirs
- Fenouillèdes : Macabeu majoritaire (40–60 %), grenache blanc et gris, touche de muscat ou carignan blanc pour la fraîcheur.
- Aspres : Grenache blanc (45–55 %), alliance de Roussanne/Marsanne, parfois vermentino. Le Macabeu éclaire certains assemblages de vieilles vignes.
Cette flexibilité explique la diversité des styles, du plus vif, taillé pour la table, au plus dense à vocation gastronomique.