Quels sont ces cépages patrimoniaux et pourquoi furent-ils délaissés ?
Le Roussillon, carrefour méditerranéen, a longtemps cultivé une diversité de cépages remarquable. Aux côtés du Grenache, du Carignan ou du Macabeu, on trouvait le Lladoner pelut, le Malvoisie du Roussillon, le Muscat d’Alexandrie, le Tourbat (Malvoisie du Roussillon), le Morrastel, l’Aspiran, et tant d’autres. Plusieurs de ces variétés ont failli disparaître du paysage local, victimes des crises économiques, des maladies de la vigne (phylloxéra, mildiou), ou de la prime donnée à la productivité dans l’après-guerre.
Un exemple marquant : la surface plantée en Carignan, autrefois dominante (près de 25 000 ha en 1979 selon l’IFV), a chuté à moins de 8 000 ha aujourd’hui sur l’ensemble du Roussillon (source : Observatoire Viticole, 2021). Même destin pour le Lladoner pelut, longtemps confondu avec la syrah, qui ne couvrait plus que 90 hectares en 2023, selon le CIVR.
- Productivité moindre : ces cépages, mieux adaptés aux sols pauvres, produisent souvent moins que les hybrides « bankables » introduits dans les années 1980.
- Peur des maladies : certaines variétés, peu résistantes à l’oïdium ou à la pourriture, furent abandonnées au profit de cépages à peau épaisse.
- Uniformisation du goût : répondre à un marché axé sur des vins standardisés a dissuadé les producteurs de conserver des variétés locales plus délicates, mais plus typées.