Malvoisie, Vermentino, Muscats : nuances de fraîcheur et d’intensité
Si le triumvirat Grenache blanc-Grenache gris-Macabeu domine, d’autres cépages issus du bassin méditerranéen, occupent discrètement mais sûrement le devant de la scène. Ce sont eux qui confèrent une résistance nouvelle à la montée des températures, diversifient les profils, permettent parfois de surprendre.
Malvoisie du Roussillon : un air d’ailleurs, une racine bien locale
La Malvoisie du Roussillon – souvent la Malvasia di Lipari ou la Malvasia blanche de Corse – est rare, mais recherchée pour ses arômes d’ananas, de pêche blanche et d’abricot sec. Son nom, parfois trompeur (à ne pas confondre avec la Malvoisie de Loire ou la Malvasia di Candia), projette une lumière gourmande sur les blancs d’assemblage.
Intéressante aussi bien en monocépage qu’en appoint, elle offre élégance et une touche d’exotisme feutré.
Vermentino : la fraîcheur insulaire
Introduit plus récemment (années 1980), le Vermentino – cépage phare de la Corse, de Ligurie ou de Sardaigne – trouve ici une expression plus tendue, salivante.
Il confère aux blancs du Roussillon ce supplément de vivacité souvent recherché sur les millésimes chauds, avec des arômes d’agrume, de pomme granny et légèrement herbacée.
Le CIVR recense moins de 40 hectares, mais son intérêt grandit au fil des changements climatiques.
Muscats à petits grains et d’Alexandrie : de la douceur à la sécheresse moderne
Traditionnellement utilisés pour les vins doux naturels, ces deux cépages se prêtent dorénavant à des profils secs, aromatiques, où se mêlent floral, rose, mangue, menthe fraîche.
Ils représentent une alternative pour des blancs à l’identité nord-méditerranéenne affirmée, capables d’alliances gastronomiques inédites (ceux fermentés à sec s’invitent à table sur des ceviche, des fromages secs).