Histoire et mutation du vignoble : racines et résistance
Longtemps considéré comme une « zone de rouges rustiques pour la distillerie » (plus de 70 % des surfaces en vins de table dans les années 1950 : Agreste), le vignoble a changé de visage. Le gel destructeur de 1956, la crise du phylloxera, puis la mécanique impitoyable de l’arrachage forcé ont refaçonné la carte et la mentalité.
Aujourd’hui, le Roussillon compte près de 1 800 exploitations autour de Perpignan et des villages environnants (CIVR), la plupart menées en agriculture raisonnée, de plus en plus souvent bio (plus de 30 % des surfaces : chiffres 2022).
Les AOP Côtes du Roussillon et Côtes du Roussillon Villages organisent la montée en gamme. Certaines communes (Tautavel, Latour-de-France, Caramany) revendiquent même une appellation complémentaire, poussée par la recherche d’expression pure du terroir.
N’oublions pas le rôle moteur des femmes vigneronnes, comme Marie-Pierre Ibanès (Domaine Ibanès) ou Estelle Sarda (Domaine des Schistes), figures d’un Roussillon qui avance sur ses deux pieds : mémoire et modernité.