Au-delà des recettes : le style plus que la règle
Si la tentation de trouver une “recette” unique pour le vin rouge du Roussillon existe, la pluralité reste le vrai patrimoine de l’appellation. Chaque vigneronne, chaque domaine décline sa partition avec la même partition : diversité des parcelles, âges des vignes, choix de vinification (égrappage ou non, macérations plus ou moins longues, élevages bois ou cuves). Impossible, donc, de résumer le Roussillon à un seul profil.
- Certains domaines célèbrent le Carignan de vieilles vignes, comme un hommage aux ancêtres (Domaine Sarda-Mallet, Clos del Rey, par exemple — cf. article Terres Catalanes, 2020).
- D’autres innovent sur les proportions en mâtinant les Grenaches avec du Marselan, cépage issu du croisement Grenache x Cabernet Sauvignon, toléré jusqu’à 20 % dans l’assemblage (Cahier des Charges AOP/CDR, INAO).
- À noter : le Côtes du Roussillon Villages – qui concerne les secteurs de Caramany, Lesquerde, Latour-de-France, Tautavel – impose des proportions parfois différentes, privilégiant le Carignan ou le Grenache selon la zone.
Dans la dégustation, cela donne des rouges au “souffle chaud”, mais retenu, souvent marqués par l’olive noire, la figue, la prune confite, les épices douces, la réglisse, avec une capacité de garde remarquée : les meilleurs assemblages dépassent aisément dix ans en cave.