Quelques anecdotes de terrain : quand la vigne et la main se répondent
Dans les coteaux abrupts de Latour-de-France, certaines parcelles de Carignan encore cultivées à la main sont âgées de plus de 120 ans — rescapées du phylloxéra grâce au greffage sur Riparia. À Cadaqués, la relance du Grenache gris planté avant 1920 a permis de retrouver des profils aromatiques oubliés, presque “sphinx”, qui ont valu à certains vignerons des prix lors de concours internationaux (source : Decanter World Wine Awards).
L’histoire raconte que nombre de ces variétés auraient pu être arrachées au tournant des années 1960-70, quand la productivité et l’uniformisation cépagique promettaient des lendemains radieux. C’est souvent la ténacité (et la gourmandise) de quelques familles qui a sauvé ces patrimoines, à l’image des Laurier à Tautavel, qui vinifient encore séparément leurs vieilles souches de Lladoner pelut.