Un cépage à l’ombre, essentiel dans la lumière du vin
Dans la mosaïque des cépages méditerranéens, le Morrastel fait partie de ces figures discrètes que l’on rencontre rarement en premier plan, mais dont la présence laisse une empreinte indélébile dans de nombreux vins rouges du Roussillon. Souvent confondu avec la Mourvèdre (ou même le Graciano espagnol), le Morrastel possède pourtant une identité génétique et organoleptique propre. Cette singularité, longtemps éclipsée par la flamboyance du Grenache ou la carrure de la Syrah, mérite aujourd’hui d’être explorée.
Sa culture, désormais confidentielle — moins de 150 hectares recensés en France en 2022 selon l’INAO — n’en a pas moins marqué l’histoire du vignoble catalan d’empreintes profondes. Mais de quelle manière ce cépage, que certains appelaient autrefois "Morastell" ou "Gros Morrastel", contribue-t-il réellement à la complexité aromatique du vin rouge ? Pour le comprendre, il faut tisser un dialogue entre histoire, génétique, terroir et dégustation, tout en prenant le temps de s’arrêter sur les gestes invisibles des vignerons.