Lledoner Pelut, un cépage entre histoire et oubli
Au détour des terrasses schisteuses du Fenouillèdes ou sous les vents du Conflent, un nom refait surface sur certaines étiquettes du Roussillon : Lledoner Pelut. Ce cépage, cousin discret du Grenache noir et longtemps relégué à la marge, intrigue à nouveau vignerons et dégustateurs. Pourquoi ce regain d’intérêt ? Il faut plonger dans l’histoire mouvementée de ce raisin pour comprendre la force de sa résurgence.
Né dans la péninsule ibérique, implanté en Catalogne dès le XIXe siècle, le Lledoner Pelut – littéralement « grenache poilu » – est longtemps resté dans l’ombre de son illustre parent le Grenache noir (ou Garnacha). Sa principale différence morphologique saute aux yeux : la face inférieure de ses feuilles présente un duvet laineux, véritable adaptation aux brises chaudes et sèches de la Méditerranée.
Pendant des décennies, le Lledoner Pelut a été peu mis en avant dans les grandes plantations du Sud de la France. Jugé moins productif, parfois capricieux à la maturation, il a pâti de la mécanisation et de la course au rendement des années 1960-1980.
Cependant, la variété figure depuis toujours parmi les cépages autorisés dans les appellations AOP Côtes du Roussillon et Collioure. Mais sa part dans l’encépagement régional demeure minime : on estime la surface du Lledoner Pelut à moins de 1 % du vignoble roussillonnais aujourd’hui (Source : Interprofession du Roussillon, 2021).