Au seuil du Roussillon, le Grenache blanc dévoile ses visages
Dans le concert foisonnant des cépages méridionaux, le Grenache blanc occupe, dans le Roussillon, une place singulière. Ni star implacable, ni anonyme d’assemblage, il traverse l’histoire viticole catalane depuis le XVIIIe siècle, résistant aux modes, aux virus, aux crises, irradie aujourd’hui par ses nuances, tour à tour solaire, salin, aérien ou méditatif.
Le paysage du Roussillon n’est pas monolithe. Une mosaïque climatique et géologique le façonne : la mer et la montagne, le vent du Sud mais aussi la tramontane, le schiste, le granite, le calcaire affleurent au fil des vallées. Le Grenache blanc, cépage d’adaptation autant que d’expression, fonctionne ici comme une loupe, un « amplificateur de terroir » (selon la célèbre formule de Pierre Gaillard, vigneron à Banyuls). Comprendre ce cépage dans le Roussillon, c’est donc embrasser à la fois l’histoire, la géographie, la climatologie et l’art du vin.