Un patrimoine oublié qui refait surface
Boire un vin issu d’un cépage rare, c’est, pour beaucoup de sommeliers et d’amateurs, goûter à la fois un fragment de patrimoine et l’expression d’une identité retrouvée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV), seuls 12 cépages dominent aujourd’hui 55% des surfaces viticoles mondiales (source : OIV, Focus 2023 sur la diversité génétique des vignes). Pourtant, plus de 6 000 variétés sont recensées sur la planète. Cette standardisation inquiète autant qu’elle interroge sur les richesses ignorées qui sommeillent dans les archives vivantes de la viticulture.
Dans le Roussillon, comme ailleurs en France ou dans le monde, la redécouverte d’anciens cépages – carignan blanc, lledoner pelut, chasan, terret gris, macabeu… – ne relève pas du simple “effet de mode”. Elle reflète une quête de sens, d’authenticité et de diversité, alors que le goût dominant homogénéise peu à peu les cartes et tronque l’expression des terroirs.