Aux origines des cépages : Vermentino et Grenache gris, héritages et mutations
Dans la mosaïque des cépages méditerranéens, Vermentino et Grenache gris révèlent l’anatomie d’un changement discret, mais profond, dans les verres du Roussillon. Autrefois relégués derrière le légendaire Macabeu ou le Grenache blanc, ils sont aujourd’hui au cœur d’un nouvel élan.
Le Vermentino, arrivé dans la région dans le sillage de la Provence et de la Corse, fut longtemps anecdotique — planté en petite surface, sur des terroirs ventés, où l’on cherchait plus de fraîcheur que de volume. Son installation dans le Roussillon figure dans la liste de la réforme de l’encépagement des années 1980, dans le but avoué de réinventer le blanc local.
Le Grenache gris est une curiosité, moins répandu que l’emblématique Grenache noir, pourtant présent depuis la fin du XIXe siècle dans les vieux parcellaires du Fenouillèdes ou de la Côte Vermeille, souvent confondu avec le blanc. On dénombre aujourd’hui près de 500 hectares de Grenache gris plantés en Roussillon (source : FranceAgriMer, 2023).
Si le Grenache gris a ressuscité à la faveur des vins secs et de la reconnaissance des AOP Collioure et Côtes du Roussillon, le Vermentino a quant à lui séduit par sa capacité à composer avec la chaleur tout en conservant tension et aromatique. Mais comment manipulent-ils précisément les contours gustatifs ?