Un paysage abrupt, une promesse de fraîcheur
Le Fenouillèdes. Ce mot, aux consonances de fenouil et de vent, désigne une enclave rude au cœur Nord-Ouest du Roussillon, en lisière de l’Aude. Ici, le relief impose son austérité : pentes encaissées, crêtes schisteuses, forêts éparses de chêne vert et de pin d’Alep. Sur ces hauteurs battues par la tramontane, les vignes tutoient le ciel, souvent entre 300 et 600 mètres, parfois plus, jusqu’à caresser la barre des 700 mètres sur certains lieux-dits comme Lansac, Tarérach ou les abords de Latour-de-France (Côtes Catalanes, Comité Interprofessionnel).
C’est dans cette lumière crue, à contre-courant du cliché roussillonnais, qu’éclosent des blancs au style bien trempé. Tendres en alcool, cristallins dans leur expression, toniques sans dureté, traversés d’une minéralité qui fait penser, l’espace d’une gorgée, à certains crus pyrénéens ou bourguignons.
Pourquoi ces vins, et pas d’autres, portent-ils une telle tension ? D’où leur vient cette droiture, ce côté salivant, jamais mou ? Pour saisir ce mystère - car c’en est un dans un département réputé caniculaire - il faut convoquer la géologie, le climat, la main de l’homme et l’histoire du vignoble.